Ralliez-vous à mon panache bleu

lundi 28 février 2011

Oui à l'islam des caves



Depuis quelques temps, à ce qu'il semble, la France s'est découvert un nouveau déficit, à ajouter à la longue liste de tous les déficits moraux et financiers dont la malheureuse souffre déjà : un déficit de mosquées.
Contraints et forcés de reconnaitre que, un peu partout en France, un nombre croissant de musulmans occupent ostensiblement les espaces publics pour y prier, nos responsables politiques en sont venus à la conclusion que la France devait manquer de mosquées. Il est vrai qu'aucune autre raison ne semble pouvoir expliquer un tel comportement de la part d'adeptes d'une religion qui, comme chacun le sait, n'est que paix, amour et tolérance. Seule la plus impérieuse nécessité peut amener ces pauvres gens à prier le nez dans les pots d'échappements (en fait, non, pas dans les pots d'échappements puisqu'ils arrêtent d'autorité la circulation avant de se livrer à leur culte. Mais vous saisissez l'idée). Si, comme ces malheureux, vous n'aviez le choix qu'entre des caves obscures, humides et insalubres, et le bitume vous ne fronceriez pas les sourcils comme vous le faites à l'évocation des prières de rue. Bien entendu vous avez raison de ne pas aimer cette appropriation religieuse de certains lieux publics, mais vous ne pouvez pas non plus vouloir renvoyer ces braves gens à leurs modernes catacombes. Il faut donc construire des mosquées. Entendez : il faut que les pouvoirs publics construisent des mosquées. Un gouvernement qui a pu inscrire dans la loi le droit à un logement décent et indépendant ne devrait pas, il est vrai, avoir trop de difficultés à inventer le droit à une mosquée décente près de chez soi. Seul petit obstacle : la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l'Etat. Cette loi est certes déjà contournée par certaines municipalités, mais il serait bon qu'à l'avenir le contribuable français puisse être ouvertement sollicité pour accomplir cette grande cause nationale : faire sortir l'islam des caves dans lesquelles il croupit. Des travaux d'approches sont donc en cours pour préparer une opinion publique, que l'on sent légèrement réticente, à une révision substantielle de la loi de 1905.
Ce que le législateur a fait, le législateur peut le défaire. Voilà qui va fort bien. Néanmoins, permettra-t-on à un simple citoyen de poser respectueusement quelques questions? Si les adeptes de la religion de paix, d'amour et de tolérance, ne trouvent pas de lieux de culte à leur convenance, pourquoi n'en construisent-ils pas ou n'en louent-ils pas sur leurs propres deniers? Que les musulmans prient dans des caves, dans des tonneaux, à pied, à cheval ou en voiture, en quoi cela est-il l'affaire des pouvoirs publics?
Mais, dira-t-on, la République n'est-elle pas censée garantir la liberté de conscience et le libre exercice des cultes? Si vous avez droit à la liberté de conscience, n'avez vous pas droit aussi à exercer votre culte, et si vous avez le droit d'exercer votre culte, n'avez vous pas le droit à avoir des lieux de culte? Et si vous avez le droit à avoir des lieux de cultes, la collectivité ne doit-elle pas vous en fournir?
Je comprends. Puisque la République garantit ma liberté d'aller et venir, elle doit aussi me garantir les moyens d'aller et venir. Les pouvoirs publics doivent donc me fournir une voiture si je n'en ai pas. Puisque la République garantit ma liberté d'expression, elle doit aussi me garantir les moyens de m'exprimer. Les pouvoirs publics doivent donc me fournir un accès gratuit aux médias. Me serais-je trompé quelque part? Se pourrait-il qu'un droit véritable soit simplement une liberté? Et que lorsque cette liberté demande certains moyens matériels pour être exercée, la seule chose que les pouvoir publics doivent me garantir est la possibilité de rechercher par moi-même les moyens matériels d'exercer cette liberté?
Maintenant que nous en parlons, il me semble aussi me rappeler que la République ne garantit la liberté de culte que dans les limites des exigences de l'ordre public, ordre public qui, comme le savent tous les spécialistes du droit administratif, se décline en sécurité, tranquillité, salubrité et moralité. Autrement dit que la seule liberté absolue reconnue aux croyants est la liberté de conscience. Les individus sont libres de croire qu'Allah est grand et que Mahomet est son prophète, ou bien que les Elohim sont grand et que Claude Vorilhon est leur prophète, ou bien que tout cela ne sont que des foutaises, cela ne regarde pas les pouvoirs publics. En revanche, si des opinions religieuses conduisent certains à commettre des actes contraires à l'ordre public, le législateur peut parfaitement « interférer » avec ces opinions religieuses ; il est même de son devoir d’intervenir pour mettre fin aux troubles causés par des opinions religieuses. Les individus sont autorisés à croire que Huitzilopochtli réclame des sacrifices humains réguliers pour maintenir le cosmos en équilibre, en revanche ils ne sont pas autorisés à pratiquer la cardiectomie sur leurs contemporains, même consentants. Ils ne sont pas non plus autorisés à égorger un mouton dans leur baignoire ou à épouser des petites filles de six ans sous prétexte qu'un certain prophète le fit il y a très longtemps. Aux yeux de la loi, les convictions religieuses, quelle que soit l’intensité avec laquelle elles sont éprouvées, ne sont rien d’autre que des opinions privées, et la loi est supérieure à toutes les opinions privées. De la même manière qu’un individu n’est en aucun cas autorisé à désobéir à une loi qu’il estimerait injuste, un croyant n’est en aucun cas autorisé à refuser d’obéir à une loi qu’il estimerait contraire à sa religion. Cette supériorité de la loi sur toutes les opinions privées est la condition sans laquelle aucun gouvernement ne serait possible. Par conséquent, les lois seront strictement appliquées à tous, même si elles sont contraires aux convictions religieuses de certains.
Oserais-je le dire? Tout cela me semble assez logique. Tout bien réfléchit, je crois donc que, si on me demandait mon avis, je voterai pour l'islam des caves et contre la révision de la loi de 1905. Mais bien entendu on ne me demandera pas mon avis. Encore moins me permettra-t-on de voter sur cette question, directement ou indirectement. En démocratie certains sujets sont trop sérieux pour être laissés à l'appréciation des citoyens.

samedi 26 février 2011

Je vous sers un grand débat? Merci, sans façons




L'homme qui nous tient lieu de Président de la République semble bien décidé à nous servir un grand débat national sur l'islam, ou quelque chose d'approchant. Supposons un instant (cela n'engage à rien) que notre homme soit sincère. Supposons que son idée de grand débat ne lui soit pas venue en scrutant d'un oeil angoissé la montée du Front National dans les sondages et sa propre descente. Supposons (vraiment, cela n'engage à rien) qu'il se soit réveillé un beau matin en se disant : "Bon sang, mais il y a un problème avec l'islam en France, il faut en débattre!" Supposons donc que l'organisation de ce grand débat sous dénuée de toute arrière-pensée électorale et que tous les efforts seront fait pour que ledit débat soit aussi libre que possible. Devrais-je m'en réjouir, moi qui ne le cède à (presque) personne en matière d'islamophobie (même si je préférerais employer le terme "islamofuge" inventé par Didier Goux)? Ne serait-ce pas l'occasion de dire à haute voix tout ce que j'ai sur le coeur?
Eh bien, à  dire vrai, non. Même s'il était offert de bonne foi je refuserai le cadeau de ce grand débat sur l'islam. Non pas parce qu'il n'y aurait rien à dire mais précisément parce qu'il y aurait beaucoup à dire. Essayons, en effet, d'imaginer ce que pourrait être un tel débat; grâce au précédent du fameux "débat sur l'identité nationale" ce n'est pas trop compliqué. On commencera par demander aux Françaises-Français de bien vouloir s'exprimer, par exemple en déposant des contributions (anonymes cela va de soi) en préfecture. On pourrait imaginer de leur poser certaines questions, mais ce serait déjà border la discussion et on entendrait alors des protestations au sujet de "la parole confisquée" etc. Donc plutôt chacun y dit c'qui veut, et on verra après. Bien entendu, dans toutes ces contributions un grand nombre seront niaises, ou stupides, ou franchement insultantes. Cela se saura très vite et on commencera à voir le gouvernement transpirer et s'éponger le front. Soit il met à la poubelle ces contributions, et on en revient au problème précédent, soit il laisse faire et il semble alors donner une caution officielle à tout ce qui se dit. Les associations remplacistes, les médias, les universitaires ayant pignon sur rue, agiteront frénétiquement l'épouvantail du "racisme", des "zheures-les-plus-sombres-de-notre-histoire", et notre pauvre gouvernement, qui n'a jamais eu la tête bien solide ni le coeur bien accroché, se mettra à gémir et à trembler en cherchant désespérément une porte de sortie. On clôturera donc le débat en catastrophe, en disant que c'était vraiment très intéressant et qu'on va maintenant examiner tout ça à tête reposée. On entendra alors un profond  soupir du côté des palais de la République "Ouf! ca y est, on a parlé de l'islam. Maintenant on peut passer à autre chose".
Soyons sérieux, nous n'avons pas besoin d'un grand débat sur l'islam, nous avons besoin de pouvoir parler publiquement et librement de l'islam, tous les jours si cela nous chante, sans craindre ni d'être trainé devant la justice ni d'être égorgé au coin d'une rue. Alors, monsieur le Président de la République, votre souci de la discussion vous honore mais il y a beaucoup mieux que votre grand débat. Dans les multiples lois "antiphobiques" (les énumérer serait trop long), supprimez simplement les dispositions permettant aux associations d'ester en justice. Vous voyez, nous ne vous demandons même pas de supprimer ces lois - nous savons bien que ce serait trop pour vous - juste ce petit détail technique, trois fois rien. Et faites en sorte que la police et la justice fassent immédiatement et efficacement leur travail lorsque des menaces sont proférées contre ceux qui critiquent la religion de paix, de tolérance et d'amour. Après tout, c'est pour ça que nous les payons.
Monsieur le Président de la République, nous ne voulons pas de palabres officielles, qui ne servent qu'à sortir une fois un sujet du placard pour pouvoir l'y laisser ensuite à jamais. Nous voulons simplement retrouver la liberté de paroles qui est l'un des droits fondamentaux de tout être humain.

vendredi 25 février 2011

Hors de la diversité point de salut!



Dans un entretien donné par l'avocat Richard Malka au magazine Causeur je lis les choses suivantes :

Q : Si nous avons bien compris, il est donc tout à fait légal (la légitimité étant une autre question…) de dire : « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes » ?
RM : C’est très réducteur et un peu idiot mais, effectivement, on peut légalement exprimer ces propos sans être poursuivi.

Les juges de la 17ème chambre correctionnelle, dans leur grande mansuétude, nous ont accordé le droit de décrire la réalité à voix haute. Mais nous serions bien avisés de ne pas abuser de ce droit, qui pourrait se révéler très précaire. Comme le relève maitre Malka :

RM : Il est intéressant de noter que le tribunal a écarté le délit de diffamation raciale et a retenu celui d’incitation à la haine, ce qui est l’exact opposé de ce que le parquet (donc l’Etat) a soutenu. Cela démontre à quel point il est compliqué d’appréhender la problématique juridique de cette affaire et laisse supposer que les cartes pourraient être rebattues en cas d’appel et plus tard de pourvoi en cassation.

Autrement dit nul ne sait ce que sera la jurisprudence demain. Peut-être sera-t-elle à l'exact opposée de celle d'aujourd'hui, et tel qui se croyait à l'abri se retrouvera condamné sans comprendre ce qui lui arrive. Car qui peut dire à quel point commence "l'incitation à la haine"? Qui peut savoir quelle est l'intention de celui qui parle et comment ses propos seront reçus?
Pendant ce temps, en Autriche, Elisabeth Sabaditsch-Wolff a été condamnée à 480 euros d'amende pour avoir qualifié publiquement Mahomet de "pédophile". Rappelons que le prophète de la religion de paix, d'amour et de tolérance, est censé avoir épousé Aisha lorsqu'elle avait six ans et l'avoir défloré lorsqu'elle en avait neuf. Si cela vous semble être une parfaite définition de la pédophilie, réfléchissez à nouveau. Selon la juge ayant condamné Mme Sabaditsch-Wolff, le qualificatif de pédophile appliqué à Mahomet est "matériellement incorrect, puisque la pédophilie est une préférence sexuelle dirigée exclusivement ou principalement vers les enfants. Néanmoins elle ne s'applique pas à Mahomet. Il était toujours marié avec Aisha lorsqu'elle avait dix-huit ans. Il s'agit de dénigrement d'un enseignement religieux" Comment? Est-ce à dire que Marc Dutroux n'aurait pas été jugé pour pédophilie si seulement il avait gardé ses victimes enfermées jusqu'à leur majorité? Ah! Vous n'y êtes pas du tout. C'est que, voyez-vous, "l'intégration des musulmans est assurément une question d'un intérêt public particulier - vous êtes autorisés à émettre des critiques - mais pas à inciter à la haine". Si vous pensez que toute critique tend nécessairement à donner une mauvaise opinion de ce qui est critiqué, et que par conséquent toute critique pourrait être considérée comme "incitant à la haine", réfléchissez à nouveau.
Un an plus tôt, s'ouvrait le procès de Geert Wilders. En examinant la longue liste des témoins invoqués par l'accusé pour se justifier, le procureur déclarait : "que les témoins de Monsieur Wilders puissent prouver que les observations de Monsieur Wilders [au sujet de l'islam] sont exactes est sans importance. Ce qui est important est que ses observations sont illégales [c'est à dire qu'elles tombent sous le coup de "l'incitation à la haine et à la discrimination"]". Lorsqu'il s'agit de certaines questions, la vérité n'est pas une défense. Seule compte l'intention coupable dans laquelle vous profériez cette vérité.
Trois affaires, parmi beaucoup d'autres, trois symptômes du retour, partout en Occident, d'une vieille maladie : le procès en hérésie. Libérés par des lois les autorisant à traquer "l'incitation à la haine", aiguillonnés par des associations qui ne vivent que de ce genre de procès, exaltés par l'idée qu'ils sont de nouveaux Saint Georges terrassant la-bête-immonde-au-ventre-encore-fécond, les juges se sentent désormais autorisés à nous demander compte de la pureté de nos sentiments. Adhérez vous sincèrement au dogme de la Sainte Diversité? Vos paroles n'avaient-elles pas pour intention maligne de provoquer la haine? Ne s'agissait-il pas de dénigrer une certaine religion? Confessez vos péchés, avouez que c'est le démon de la xénophobie qui vous fait parler!
Il est piquant de constater que ceux même qui vivent dans l'obsession qu'une certaine partie de l'histoire se répète rejouent avec tant d'enthousiasme d'autres épisodes plus anciens, et qu'ils ont apparemment oublié. Piquant mais aussi, en quelque manière, encourageant, car nos modernes inquisiteurs ont également oublié que la loi, si elle peut briser la vie d'un homme, est une faible défense contre la propagation des idées. E pur si muove!

mardi 22 février 2011

Ach! la discriminazion, gross malheur!



"Quand par exemple certains employeurs s'adressent à des directeurs d'agence d'intérim, on leur dit : "s'il vous plait je ne veux pas d'arabes et de noirs", c'est injuste quand même non?"
Eric Zemmour : "Mais ils ont le droit"
(extrait ICI)
Pour ces cinq mots Eric Zemmour a été condamné le 18 février 2011 pour "provocation à la discrimination". Juridiquement Eric Zemmour avait évidemment tort : la loi punit bien ce genre de comportements. Mais il est non moins évident qu'Eric Zemmour, dans sa réponse, ne faisait pas référence au droit positif mais au droit naturel, pour emprunter le langage de la théorie du droit. Les employeurs devraient pouvoir embaucher qui ils veulent sur les critères de leur choix. A strictement parler, Eric Zemmour a donc été condamné pour avoir dit que les lois visant à sanctionner la discrimination à l'embauche sont injustes.
On peut bien sûr regretter qu'Eric Zemmour n'ait pas apporté les nuances et les précisions nécessaires que sa position appelait, et en cela il est incontestablement très coupable. Que ne pouvait-il prendre modèle sur ses contradicteurs, tel par exemple Dominique Wolton, dont chacune des sentences est pesée au trébuchet de la raison et appuyée sur une volumineuse documentation? Dominique Wolton sait bien, lui, que s'il assénait péremptoirement : "la diversité est une chance, c'est un fait" il s'exposerait à des ennuis avec la justice, qui ne badine pas avec la précision du langage et la qualité de l'argumentation. Par conséquent, il n'avance jamais rien qu'il ne puisse prouver à la satisfaction de tous.
Mais ce point mis à part, que pouvons-nous penser de l'idée selon laquelle les employeurs devraient être libres de refuser d'embaucher qui ils veulent pour les raisons qu'ils veulent?
Au risque de m'exposer à mon tour aux foudres de la loi (ce qu'à Dieu ne plaise!) j'oserais avancer que cette position me parait justifiée. Non pas parce que j'approuverais l'employeur qui refuserait d'embaucher quelqu'un uniquement parce qu'il est noir, jaune, brun, femme, homosexuel, etc et qu'il n'aime pas les noirs, les jaunes, les bruns, les femmes, les homo etc. Refuser d'embaucher un collaborateur de valeur uniquement pour ces raisons me semble être une forme de bêtise. Simplement, un gouvernement qui prétend éliminer cette forme de bêtise est un gouvernement qui ne peut manquer de devenir tyrannique, car il se mettra très vite à traquer des pensées et des sentiments. A moins, en effet, que l'employeur en question soit aussi assez stupide pour dire au candidat "casse-toi sale....(au choix)" - ce qui deviendra rapidement très rare - comment donc mettre au jour la malfaisante "discrimination"? En pratique cela est presque toujours impossible, car cela revient à demander quels sentiments l'employeur éprouve vis à vis du candidat qu'il rejette. Pour contourner cette gênante incapacité (on l'espère provisoire) à lire au fond de nos âmes, on en viendra très vite à renverser la charge de la preuve : la discrimination sera présumée si vous n'embauchez pas ...(au choix), sauf si vous parvenez à prouver au delà de tout doute raisonnable que vous n'entendiez absolument pas "discriminer"; ce qui revient à peu près à prouver que vous avez bien le coeur pur.
En pratique on supposera donc que "discrimination" il y a si votre entreprise ne comporte pas un certain pourcentage de..., et de..., et encore de... Pour éviter les ennuis judiciaires qui ne manqueront pas de s'ensuivre, et dont vous n'avez à peu près aucune chance de sortir indemne, les entreprises préfèreront embaucher des quotas de..., et de... et encore de..., sans trop se soucier de leurs qualités professionnelles, et donc en évinçant des candidats plus qualifiés mais, hélas pour eux, non diversifiés. Les entreprises, mais aussi toutes les administrations, les universités, les associations etc. Parallèlement, pour traquer la "discrimination" dans les recoins les plus obscurs, des administrations spécialisées seront mises en place, remplies de fonctionnaires zélés ayant toute latitude pour amener à résipiscence les "discriminants" de tout poil. Bientôt l'arbitraire administratif et le caprice judiciaire régneront sans partage.
Comment? Ah non, ce n'est pas moi qui ai parlé de la Halde, ni de la 17ème chambre correctionnelle. Et pas non plus de discrimination positive, de parité ou de convention ZEP. Je vous laisse la responsabilité de vos propos.
Mais alors, me dira-t-on peut-être, vous accepteriez que des commerçants apposent sur leur vitrine des panneaux "interdits aux chiens et aux juifs" comme aux-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire (fort heureusement ces temps-là sont passés)? Hein? Hein?
Eh bien, non. De tels écriteaux me semblent relever de l'insulte : ils sont une sorte de "casse-toi pov'con" proféré à très haute voix, susceptibles donc d'entrainer des réactions violentes de la part des intéressés. Par conséquent ils pourraient légitimement être proscrits par le législateur; non pas pour "provocation à la discrimination" mais pour trouble à l'ordre public.
Autrement dit l'attitude convenable me parait être celle du "Don't ask, don't tell". Abstenez vous d'insulter publiquement vos concitoyens et on s'abstiendra de vous demander ce que vous pensez d'eux ou pourquoi vous ne les embauchez pas. Après tout, si la diversité est une richesse, comme nous en sommes tous convaincus (Amen!) les employeurs qui se privent de cette diversité ne devraient pas tarder à être distancés par leurs concurrents, puis à faire faillite, n'est-ce pas?

lundi 21 février 2011

Sur la condamnation d'Eric Zemmour



Eric Zemmour a donc été condamné par la 17ème chambre correctionnelle, comme l'on pouvait un peu s'y attendre. A lire les compte rendus dans les journaux (impossible pour le moment de mettre la main sur la décision elle-même) le jugement est "équilibré". A strictement parler, Eric Zemmour n'a pas été condamné pour avoir dit (en gros) que les représentants de la diversité sont surreprésentés parmi les délinquants, puisque la diffamation n'a pas été retenue contre lui. Il a en revanche été condamné pour "provocation à la discrimination", d'une part pour avoir laissé entendre (en gros) que cette surreprésentation des diversifiés justifiait les contrôles au faciès, et d'autre part pour avoir affirmé que les employeurs avaient "le droit" de ne pas vouloir embaucher des diversifiés (question sur laquelle je reviendrai).
Grâce à ce jugement tout en nuances, nous savons donc désormais qu'il nous est permis de faire confiance à nos yeux, mais qu'il nous est en revanche strictement interdit d'agir en fonction de ce qu'ils nous disent.
Pour avoir supposé, assez stupidement il est vrai, qu'il était raisonnable d'agir en se basant sur la réalité, Eric Zemmour a par conséquent été condamné à 2000 euros d'amende avec sursis, à 2750 euros de frais de justice, et à verser 3000 euros de dédommagements aux associations ayant porté plainte; ce sans compter la publication à ses frais du jugement dans la presse .
Si nous laissons maintenant de côté les subtilités juridiques qui ne trompent personne, il est bien évident qu'Eric Zemmour a été en réalité condamné pour atteinte au dogme du "vivre-ensemble", comme le reconnait presque explicitement la LICRA. On commence par dire que les délinquants sont la partie la plus diversifiée de la population française (ce qui devrait d'ailleurs leur valoir des félicitations) et on finit par  vouloir arrêter l'immigration, comme aux-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire. Pas question d'en arriver là. Il est évident aussi que le tribunal a essayé très fort de satisfaire les vivreensemblistes, sans pour autant susciter de la compassion pour Eric Zemmour en le condamnant lourdement. Il est vrai qu'il n'est pas nécessaire d'infliger de lourdes sanctions aux hérétiques, ni même de les condamner, pour faire rentrer dans le rang ceux qui auraient la tentation de s'égarer. Dans ce genre d'affaires le procès lui-même est la punition. Eric Zemmour, qui est un auteur à succès, a pu se payer de bons avocats, il pourra certainement payer sans difficultés ce qui est exigé de lui par le tribunal, de même que sa surface médiatique et les soutiens qu'il a reçu devraient lui permettre de garder ses emplois. Mais pour monsieur Dupont, se retrouver dans la même situation lui laisserait à peu près autant de chances de survie qu'un escargot sous un marteau-pilon, et ce même s'il était acquitté au bout du compte.
Le fait qu'Eric Zemmour soit condamné ou pas est donc finalement de peu d'importance. Ce qui compte est le fait même qu'il ait pu être trainé devant les tribunaux. Tant que les vivreensemblistes seront libres de détruire l'existence de ceux qui les contredisent publiquement, aucune vraie liberté de parole n'existera sur tous les sujets liés au "vivre-ensemble". En définitive, seule la suppression de toutes les lois visant à traquer les expressions phobiques (islamo-, homo-, diverso- etc.) permettrait de recouvrer cette liberté de paroles, et la possibilité d'agir raisonnablement qui va avec. Cela ne se fera pas sans un rude combat, et seuls ceux qui sont lourdement cuirassés pourront espérer l'emporter. Je ne sais pas si Eric Zemmour fera appel - et l'on comprendrait parfaitement qu'il veuille arrêter là les frais - mais ce serait hautement souhaitable, particulièrement si cela était l'occasion d'attaquer encore plus franchement ces lois funestes. Un jugement "équilibré" est simplement une nouvelle victoire pour les despotes très peu éclairés qui nous gouvernent.

Au commencement était le verbe



Me voici donc seul, perdu sur l'océan immense du web. Perdu? Non, je ne suis pas perdu, puisque je sais où je vais, et qu'il ne tient qu'à moi de garder le cap. Seul? Non, je ne suis pas seul. Je ne les ai jamais vu, mais je sais qu'ils sont tout autour de moi. Ils ne me connaissent pas, mais je sais que nous sommes de plus en plus nombreux à mener ce combat, ce combat si nécessaire, pour notre pays et - oui - pour notre civilisation. Nos adversaires ont pour eux les lois, la force et les institutions, mais ils vivent dans le mensonge et la contradiction. En démocratie l'opinion est la base de tout, et nous pouvons changer l'opinion. Aussi, à ce moment un peu solennel pour moi où je m'apprête à apporter ma petite contribution à l'effort commun, je me permets de dédier ces quelques lignes à tous mes compagnons inconnus :

This story shall the good man teach his son;
    And Crispin Crispian shall ne'er go by,
    From this day to the ending of the world,
    But we in it shall be remembered-
    We few, we happy few, we band of brothers;
    For he to-day that sheds his blood with me
    Shall be my brother; be he ne'er so vile,
    This day shall gentle his condition;
    And gentlemen in England now-a-bed
    Shall think themselves accurs'd they were not here,
    And hold their manhoods cheap whiles any speaks
    That fought with us upon Saint Crispin's day.

(et pour ceux qui ne lisent pas l'anglais, la traduction :
"Cette histoire, l'homme de bien l'apprendra à son fils,
Et la Crépin Crépinien ne reviendra jamais,
d'aujourd'hui à la fin du monde, sans qu'on se souvienne de nous,
de notre petit nombre, de notre heureux petit nombre, d'une bande de frères !
Car celui qui aujourd'hui versera son sang avec moi,
sera mon frère ; si vile que soit sa condition, ce jour l'anoblira.
Et les gentilshommes aujourd'hui dans leur lit en Angleterre,
regarderont comme une malédiction de ne pas s'être trouvés ici,
et feront bon marché de leur noblesse, quand ils entendront parler,
de ceux qui auront combattu avec nous au jour de la Saint-Crépin !")