Ralliez-vous à mon panache bleu

samedi 27 août 2016

Burkini II : Comment éviter une défaite annoncée





Comme on pouvait s’y attendre, le Conseil d’Etat a refusé de valider les arrêtés municipaux interdisant (sans le citer nommément, bien sûr) le port du burkini sur les plages des communes concernées.
Il n’y a pas lieu d’être surpris car, comme je l’avais expliqué précédemment, les maires ne pouvaient justifier légalement leurs arrêtés que de deux manières : en invoquant les nécessités de l’ordre public, ou en invoquant le respect de la laïcité. Or, dans les circonstances de l’espèce, ces deux raisons étaient trop évidemment mauvaises.
L’ordre public tout d’abord. La jurisprudence administrative reconnait classiquement que celui-ci a quatre composantes : la sécurité, la tranquillité, la salubrité, et la moralité. Or il n’est pas possible sans une dose par trop voyante de mauvaise foi de soutenir que le burkini serait, par lui-même et en l’absence de tout autre élément, attentatoire soit à la sécurité, soit à la tranquillité, soit à la salubrité, tels que la jurisprudence aussi bien que le bon sens définissent ces termes. Reste la moralité publique (ce que l’on appelait autrefois « les bonnes mœurs »). Cette notion a toujours été assez vague et bien plus évolutive que les autres composantes de l’ordre public. Il suffira simplement de dire que le juge entend aujourd’hui la moralité publique de manière très restrictive, en accord la « libération des mœurs » intervenue depuis les années 1960, et que, en matière de vêtements, ou d’absence de vêtements, ne peut plus guère être prohibé que ce qui est ouvertement obscène ou indécent. Or de ce point de vue-là le burkini est incontestablement parfaitement décent. La notion d’ordre public, par conséquent, ne peut pas servir à interdire le port du burkini en l’absence, je le répète, de tout autre élément d’appréciation. Nous y reviendrons plus tard.
Le principe de laïcité, correctement entendu, ne peut pas davantage fonder la prohibition du burkini. Il serait en effet destructeur de toute liberté religieuse d’exiger des individus qu’ils n’arborent dans l’espace public aucun signe distinctif de leur religion, dès lors qu’ils ne sont pas des agents publics. La laïcité, même en France, n’a jamais signifié cela, et elle ne peut pas le signifier sans devenir proprement despotique. Ce serait un étrange marché que de chercher à arrêter la progression des mœurs musulmanes parce qu’elles sont essentiellement despotiques en recourant à une législation despotique.
Et il est bien entendu hors de question d’interdire au nom de la laïcité exclusivement le burkini, ou tout autre vêtement à connotation musulmane. Autant vaudrait déclarer tout de suite que la religion musulmane est interdite en France.
Donc les arrêtés suspendus par le Conseil d’Etat n’avaient pas de base légale.
La vérité est que la loi démocratique ne peut pas répondre efficacement au problème posé par le burkini. Les lois de la République française ne peuvent malheureusement pas empêcher la progression des mœurs musulmanes dans notre pays.
Est-ce à dire que nous devons nous résigner à voir se multiplier les burkinis sur nos plages et, de manière plus générale, à voir les mœurs musulmanes gagner irrésistiblement du terrain en France ?
Pas nécessairement. Examinons les options.
J’écarte d’emblée le recours à une loi pour valider les arrêtés municipaux anti-burkini. Je ne vois pas comment cette loi pourrait être rédigée sans encourir la censure du Conseil Constitutionnel à peu près pour les mêmes raisons que les arrêtés municipaux ont été censurés par le Conseil d’Etat. Quant à modifier la Constitution elle-même… si vous voulez rejouer la révocation de l’édit de Nantes dans la France de 2016, avec une population musulmane forte au bas mot de 5 millions de personnes, c’est que vous n’avez pas tout votre bon sens.
Non, les mœurs relèvent d’abord de la société civile. C’est à elle de réagir, si elle le peut encore.
Le juge administratif apprécie les nécessités de l’ordre public en fonction des circonstances de l’espèce, ce qui est à la fois compréhensible et en même temps lui laisse une large marge d’appréciation dont il peut mésuser. Cela signifie notamment que tel comportement qui, par lui-même, ne peut pas raisonnablement être considéré comme attentatoire à l’ordre public, pourra le devenir dès lors que l’on peut prévoir, ou prétendre, qu’il risque de déclencher des réactions violentes. Mettons par exemple un spectacle censé être humoristique donné dans une salle de spectacle, lieu a priori privé. La liberté de paroles de l’humoriste en ce lieu semblerait devoir être absolue puisqu’elle ne porte en rien atteinte à l’ordre public. Mais si ce spectacle suscite des manifestations indignées et potentiellement violentes en dehors de la salle de spectacle à chaque fois qu’il a lieu, ou si on peut simplement craindre de telles manifestations, le juge pourra estimer qu’il est loisible aux pouvoirs publics d’interdire ledit spectacle car celui-ci risquerait de provoquer des troubles à l’ordre public. Vous m’avez compris.
Si donc, dans les villes concernées, se tenaient des manifestations bruyantes contre le burkini, si l’apparition d’un burkini sur une plage donnait lieu très rapidement à un attroupement de quelques dizaines de personnes scandant « On est chez nous », « Pas de bâchées sur nos plages », « Batman, rentre chez toi ! » ou autres slogans du même genre, les maires seraient fondés à prendre de nouveaux arrêtés interdisant (sans le nommer expressément) le burkini comme provoquant des troubles à l’ordre public. Et le juge administratif pourrait valider ces arrêtés. Certes, il pourrait aussi estimer que le devoir des maires est de garantir l’ordre public en dispersant les manifestants plutôt qu’en interdisant le burkini. Mais il y a la jurisprudence du fameux spectacle dont j’ai parlé plus haut… et puis les magistrats du Conseil d’Etat ne se sont jamais singularisés par un courage particulier. S’ils comprennent que le vent est en train de tourner et que l’heure n’est plus à la célébration du vivre-ensemble et aux accommodements raisonnables, on peut penser qu’ils se montreront compréhensifs…
Mais on peut aussi envisager de se passer carrément de l’intervention des pouvoirs publics, ce qui serait encore mieux.
Imaginons par exemple que dès lors qu’un burkini apparait sur une plage, la famille musulmane en question se voit promptement entourées de nudistes (de préférence plutôt des hommes, de préférence jeunes et costauds, vous m’avez compris)… Elle pourra bien sûr protester, faire appel aux forces de l’ordre… qui se verront contraintes de demander aux contrevenants de se rhabiller, mais le temps que tout cela se fasse, surtout si lesdites forces de l’ordre sont « compréhensives » et font preuve d’une sage lenteur, la baignade sera gâchée. On pourrait aussi imaginer que, plutôt que de se déshabiller devant nos pieux musulmans, des couples viennent poser leurs serviettes juste à côté d’eux et se mettent à s’embrasser et se peloter langoureusement et indécemment. Encore mieux si ce sont des couples homosexuels (ou qui font semblant de l’être… soyez courageux, fermez les yeux et pensez à la France !). Nos musulmans désirant musulmer comme en pays conquis pourraient aussi entendre résonner à leurs oreilles, sur les serviettes d’à côté, du rock identitaire français, humer le fumet des saucisses grillées ; la chaste épouse qui craint tant de montrer un morceau de chair tentatrice aux mâles alentour (enfin, en général c’est surtout son mari qui le craint pour elle) pourrait se voir soumise à une drague très insistante, « eh, manoizelle, t’es charmante, t’as pas un 06 ? Allez, zyva, fait pas ta pute ! », juste retour des choses…
En bref : l’imagination au pouvoir. Il existe cent façons de faire passer le goût du burkini à celles qui seraient tentés de l’exhiber sur nos plages sans avoir besoin de recourir à des arrêtés municipaux. Bien sûr, la société française étant ce qu’elle est aujourd’hui, cela nécessiterait de l’organisation, des gens déterminés et n’ayant pas peur de la violence (sans pour autant être des têtes brulées, ce qui serait contreproductif), de la constance. Et aussi de bons avocats, au cas où. Mais il me semble que la région PACA n’est pas la plus mauvaise pour espérer mobiliser ce genre de personnes. Et si l’on ne peut plus trouver ces qualités chez une toute petite partie au moins du peuple français, autant tirer l’échelle tout de suite et se convertir à l’islam. On gagnera du temps.

vendredi 26 août 2016

Burkini : ne pas se voiler la face





Ce que je pense de l’interdiction du burkini (puisque vous mourrez d’envie de le savoir) ?
Je pense que c’est une assez mauvaise idée qui mérite néanmoins d’être soutenue. Cela demande évidemment quelques explications.

C’est une assez mauvaise idée parce que cette mesure est nécessairement hypocrite et qu’elle ne peut atteindre le but réel (mais inavouable) qui est le sien. Qu’est-ce dans le fond que le burkini ? C’est un défi lancé à la nation française. Cette tenue, tout comme la burka, expose aux yeux de tous l’incapacité ou bien le refus délibéré de s’intégrer à la nation française, à cette nation particulière « de marque chrétienne », pour reprendre l’expression de Pierre Manent, et dans laquelle un commerce très libre entre les sexes et une certaine galanterie font partie des mœurs depuis des temps immémoriaux. Ou, pour le dire plus simplement, le burkini est une tentative d’imposer les mœurs musulmanes à une nation à qui elles ont toujours été étrangères, pire, dont les mœurs propres sont à l’opposé des mœurs musulmanes.

Que cette apparition des burkinis sur nos plages soit une offensive délibérément planifiée et coordonnée ou bien qu’elle réponde simplement au désir de certains musulmans de vivre pleinement les mœurs qui sont les leurs en tant que musulmans importe peu, en l’occurrence. Le burkini, tout comme la burka, ont pour nous, en France, en 2016, une signification objective qui est indépendante des motivations subjectives de celles qui les portent.

L’interdiction du burkini est donc en réalité une tentative de s’opposer à la progression des mœurs musulmanes au sein de la société française. Mais il s’agit là d’un combat qui ne peut être gagné à coup de lois ou d’arrêtés municipaux. La loi, en démocratie, n’a qu’une portée limitée et se doit de respecter une certaine sphère privée. Elle est donc essentiellement impuissante à contrecarrer la progression des mœurs musulmanes. La loi démocratique peut interdire certains comportements objectivement identifiables dans l’espace public, elle ne peut pas empêcher une communauté nombreuse, soudée et sûr de son bon droit de perpétuer les coutumes et les habitudes de vie qui lui sont propres, au sein des familles, des associations multiples, et plus généralement dans tout lieu où cette communauté se sentira suffisamment forte pour faire pression de manière informelle sur ceux qui ne respecteraient pas ces coutumes et ces habitudes. Interdire le burkini, ou la burka ne contribuera pas d’un iota à « l’émancipation » des femmes musulmanes, selon la conception que nous avons de « l’émancipation » et ne retardera que fort peu, et peut être pas du tout, la progression des mœurs musulmanes dans notre société. 

Puisque le législateur ne peut pas interdire les mœurs musulmanes en tant que telles, il doit se limiter à en interdire certaines manifestations, et il ne peut guère le faire que pour deux motifs avouables : pour des raisons d’ordre public ou pour des raisons de « laïcité » (les guillemets sont ici de rigueur comme nous le verrons). Mais ces deux raisons sont mauvaises.

Il n’est pas possible, d’une part, de prétendre sérieusement que le burkini menacerait en tant que tel l’ordre public. Il est possible de soutenir que, dans le contexte très particulier d’une France sous la menace constante d’attentats islamistes et déjà durement frappée dans sa chair, le burkini peut être interprété par certains comme une provocation et serait ainsi susceptible de provoquer des troubles à l’ordre public. C’est, en gros, en tenant un tel raisonnement que les tribunaux administratifs ont jusqu’ici validé les arrêtés municipaux interdisant les burkinis. Mais il est impossible de donner un caractère permanent à cette interdiction à moins de reconnaitre que c’est la présence de l’islam en France qui est, par elle-même, source de troubles à l’ordre public. Ce qui est sans doute vrai mais ce qu’aucun homme politique responsable ne pourra jamais dire, car la conséquence en serait que l’islam devrait être interdit en France. Aucun homme politique responsable ne rejouera la révocation de l’édit de Nantes avec les musulmans de France, pour des raisons tellement évidentes qu’il n’est pas nécessaire de les exposer plus avant.
Il n’est d’autre part possible de prétendre que le burkini serait contraire à la laïcité qu’en donnant à cette notion un sens extrêmement extensif, qu’elle n’a jamais eu jusqu’alors. Comme l’écrit Pierre Manent dans Situation de la France, « Ce que l’on entend aujourd’hui sous ce mot, c’est une société religieusement neutre, dans laquelle la plus grande diversité d’opinions et de mœurs religieuses s’épanouirait librement, chaque sociétaire pratiquant librement les mœurs de son choix et « reconnaissant » les mœurs différentes des autres sociétaires. » Mais une telle interprétation de la laïcité serait proprement despotique car elle reviendrait en pratique à interdire la religion comme pratique collective, c’est-à-dire à interdire toutes les religions existantes. Pour essayer d’empêcher la progression des mœurs musulmanes nous ferions disparaitre la liberté religieuse purement et simplement, ce qui semble à peu près aussi pertinent que de se suicider pour arrêter la progression de la gangrène dans un membre. Toutefois, la réalité est plutôt que cette interprétation extensive et potentiellement despotique de la laïcité restera lettre morte, car l’Etat français est désormais tout à fait dépourvu de la force morale qui serait nécessaire pour la faire appliquer.

J’ai déjà abordé cette question de la laïcité plus en détails dans mon compte-rendu de Situation de la France et j’y renvoie donc les lecteurs qui voudraient approfondir le sujet. Disons simplement, à titre de conclusion provisoire, que vouloir interdire le burkini (ou même la burka) au nom de la laïcité ne pourra que faire long feu et aura en même temps pour conséquence de renforcer une conception fausse et nuisible de ladite laïcité, qui nous éloigne d’une solution réaliste aux problèmes très graves dont nous souffrons.

On le voit, les arrêtés interdisant le burkini ne peuvent guère être que des combats de retardement, dans le meilleur des cas, et dont les succès modestes et provisoires risquent de se payer cher.

Pourtant, ces arrêtés, tout maladroits qu’ils soient, sont du moins une réaction à un problème bien réel et face auquel les pouvoirs publics restent tétanisés depuis maintenant au moins une vingtaine d’années. Le problème est celui de la progression continue des mœurs musulmanes et la croissance d’une communauté forte de plusieurs millions d’individus qui, loin de s’intégrer à la nation française, semble au contraire s’en éloigner de plus en plus jusqu’à menacer l’intégrité de la nation elle-même. Le problème est que la deuxième, la troisième, voire la quatrième génération d’immigrés d’afro-maghrébins parait, à bien des égards, beaucoup moins bien intégrée que la première. Les arrêtés anti-burkini ont du moins l’immense mérite de reconnaitre officiellement, bien qu’implicitement, qu’il y a un problème de cette sorte. Et reconnaitre l’existence d’un problème est le préalable indispensable à toute solution de celui-ci.

Une réaction appropriée et efficace serait bien sûr infiniment préférable, mais une réaction peu appropriée et inefficace nous oblige du moins à réfléchir et tourne la conversation civique du côté de cette question existentielle que nous préfèrerions ignorer, à cause de sa gravité même. Il n’est pas interdit d’espérer qu’une solution plus appropriée pourra en sortir.

Les arrêtés municipaux contre le burkini sont une reconnaissance implicite du fait que les mœurs musulmanes sont incompatibles avec les mœurs françaises, et l’affirmation, implicite elle aussi, que c’est aux premières de se conformer aux secondes, et pas l’inverse. Ou, pour le dire autrement, l’interdiction du burkini est un rappel maladroit mais bienvenu du devoir qu’ont les immigrés de s’intégrer à leur pays d’accueil, c’est-à-dire de se conformer non seulement à ses lois mais aussi à ses mœurs, à sa culture, à tout ce qui fait la singularité d’une nation. Ce rappel est bienvenu car depuis trop longtemps la notion d’assimilation a été abandonnée par les pouvoirs publics au profit du multiculturalisme et des « accommodements raisonnables » qui ne disent pas leur nom. De ce fait, les nouveaux-venus ne se sentent plus obligés de s’assimiler à la nation qui les accueille, et, très normalement, s’assimilent donc de moins en moins.

De ce fait également, le Français de souche ordinaire, selon l’expression consacrée, n’ose plus dire ce qu’il a pourtant toujours au fond du cœur : « On est chez nous. Ce n’est pas à nous de nous adapter. C’est à eux de changer », ni agir en ce sens. Ce sentiment parfaitement légitime qui ne peut plus s’exprimer nourri la rancœur et la colère des autochtones, tant vis-à-vis de leurs représentants politiques, qui sont de plus en plus perçus comme des traitres à leur patrie, que vis-à-vis des nouveaux arrivants, qui sont de plus en plus perçus comme des envahisseurs. Il nourrit également la méfiance et la rancœur des nouveaux arrivants, qui savent parfaitement que ce que les autochtones ont au fond du cœur est en général l’exact inverse de ce qu’ils se sentent tenus d’exprimer en public, et qui ainsi ne voient qu’hypocrisie ou lâcheté derrière les odes à la tolérance et au « vivre-ensemble ». Le « on est chez nous », tranquille et ferme des autochtones, loin d’être l’expression de préjugés xénophobes est au contraire la condition première de toute assimilation réussie pour les nouveaux-venus. 

L’interdiction du burkini signale à tous que le vent est en train de tourner et que les pouvoirs publics cautionnent à nouveau, même timidement, le « on est chez nous ». Ce qui est en soi une très bonne chose et devrait encourager l’homme de la rue à davantage exprimer ce sentiment légitime et nécessaire.

Mais quelle serait une réaction appropriée à la progression des mœurs musulmanes et à la fragmentation définitive qui menace la nation française ?

Là encore, je renvoie à mon compte-rendu de Situation de la France pour un examen détaillé de cette question. Pour le dire en très peu de mots, les éléments essentiels seraient une restauration sans faiblesse de la loi et de l’ordre, notamment dans les quartiers dits « sensibles », qui sont réellement, la plupart du temps, des quartiers afro-maghrébins. Un regain de la vie politique nationale, inenvisageable sans une sortie de l’Union Européenne. Obtenir des musulmans vivant en France qu’ils rompent tous liens d’allégeance et de dépendance avec des puissances étrangères. Et pour la France elle-même rompre également tous ces liens de dépendance. Quant à ce qui concerne l’habillement, le compromis le meilleur me semble le suivant : les individus devraient être libres, légalement, de se vêtir comme ils l’entendent, dans les limites bien entendu de la décence (limites aujourd’hui très larges) et de l’ordre public, entendu de manière stricte. Mais ils devraient également être libres de « discriminer » comme bon leur semble dans leur vie quotidienne. C’est-à-dire libres d’embaucher qui ils veulent selon les critères de leur choix, libres de signer un bail avec qui ils veulent selon les critères de leur choix, libres de monter des associations dans lesquelles ils accueilleraient qui ils veulent selon les critères de leur choix, et ainsi de suite, sans qu’ils aient à se justifier ni que les pouvoirs publics n’aient à leur demander de comptes, pourvu seulement qu’ils n’insultent pas ouvertement ceux dont ils ne veulent pas.

Je reste sur ce point du même avis qu’il y a cinq ans, lorsque j’avais écris le texte suivant

Les employeurs devraient donc être tout à fait libres de refuser les femmes ou les hommes portant des vêtements islamiques, par exemple. Les possesseurs de plage privées tout à fait libres de refuser l’accès à des femmes en burkini. Et ainsi de suite. Bref, la loi, nécessairement grossière et peu efficace en ces matières, devrait être remplacée par les sanctions informelles de la désapprobation ouverte et de l’ostracisme social, ce qui est la seule vraie manière d’influencer durablement les mœurs. Le rôle de la loi est alors simplement de ne pas contrecarrer ces mécanismes naturels de régulation sociale. 

L’interdiction du burkini est une mauvaise réponse à un vrai problème, qui vaut cependant mieux que l’inaction ou le déni. Souhaitons simplement qu’elle soit le premier pas en direction d’une réponse plus pertinente et soit promptement remplacée par autre chose.